Les élections communales sont les seules en Belgique auxquelles les personnes d'origine étrangère peuvent voter. Dans le cadre des élections communales d'octobre 2012, il s'agissait d'informer le public de La Bobine ET les habitants du quartier des modalités d'inscriptions en tant qu'électeur (qui et comment ?) afin de promouvoir l'exercice de ce droit démocratique.

Ces informations comprennent un historique sur les luttes pour l'acquisition du droit de vote en Belgique présenté par un travailleur de La Bobine et une explication concrète sur les modalités par une juriste du Cripel. Vu les difficultés de notre public vis-à-vis de la langue et de l'outil informatique, une séance de simulation du vote électronique est organisée au sein de l'espace culturel du quartier pour le public de La Bobine et du SSE et les habitants ayant laissé leurs coordonnées lors de la rencontre en juin.

Après avoir promu l'inscription des nouveaux électeurs, il nous a paru indispensable de proposer un espace d'informations et de réflexions sur le sujet aux électeurs fréquentant La Bobine.

La majorité du public de La Bobine n'est que peu au fait de la vie politique belge et communale. De plus, dans leur communauté d'origine, il n'est pas courant d'avoir un espace de parole, de réflexions sur le sujet, et en fonction de leur expérience passée, la politique apparait à beaucoup comme soit ne les concernant pas, soit sujet « à risque » à éviter.

Cette animation portait sur l'organisation du pouvoir communal et sur le paysage politique belge, à l'aide de 3 outils : le jeu « Comme une commune », une affiche de Culture et Santé et des vidéos du Gsara disponibles sur leur site.

Les notions de Droite et Gauche ont été éprouvées via l'analyse de tracts électoraux (images, photos, logos, lignes de programmes,..) et le positionnement de ceux-ci dans un arc de cercle illustrant le paysage politique de l'extrême gauche à l'extrême droite. Lors de cette animation faisant appel en partie à l'analyse intuitive, les esprits critiques se sont révélés ! En effet, celles qui déclaraient ne rien connaître, mais surtout n'avoir rien à dire sur le sujet ont exprimé leur analyse sur la crédibilité ou non des slogans et thèmes de campagne.

Après avoir abordé le fonctionnement du pouvoir communal, la découverte du paysage politique belge a été explorée suivant la méthodologie interculturelle « ici et là-bas ». Cette méthode permet au migrant de créer des liens entre sa réalité vécue "au pays" et ce qu'il découvre dans son pays d'accueil, et de pouvoir ainsi s'appuyer sur ses propres points de repères pour appréhender la réalité belge, favorisant ainsi un processus d'intégration « réduisant » la coupure vécue par l'exil.

En novembre, après les élections, une dernière séance a porté sur l'analyse du résultat des élections et l'évaluation de ce qu'ont apporté les animations dans l'exercice de leur droit de vote. Elles ont témoigné d'une meilleure compréhension des débats télévisés, et pour certaines, d'avoir pris la parole en famille pour expliquer ce qu'elles avaient appris avec le groupe. Cela a aussi été l'occasion de débattre du parti Islam qui a déclaré vouloir présenter une liste à Liège aux prochaines élections communales.


Avec le soutien de

Centre d'action Laïque

Fédération Wallonie Bruxelles


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